Écoute


Laisse-toi gagner

Prends le pouls de l’Ouvert
Le pas de la clarté

Rien n’est encore à formuler


Au plus fort des mesures arbitraires actuelles et aussi immatérielle soit sa contribution, la musique a plus que jamais sa raison d’être. En nous rassemblant, elle nous fait voyager au cœur de nous-même.
En demeurant perméable à la beauté, elle nous invite à rendre grâce.
Tout en n’appartenant à personne, elle reconnaît la portée unique de chaque voix.

Nous sommes tous vulnérables. Nous ne pouvons rien posséder qui ne nous sera un jour, par la force des choses — que ce soit un événement dit extérieur ou prémédité — enlevé. Nous vivons dans la conscience que ce qui nous est donné nous sera tôt ou tard repris.

Mais cette évidence corporelle, plutôt que d’être perçue uniquement comme source d’une solitude sans fond; se révèle être occasion de communion. L’image qui me vient pour exprimer au mieux ceci : visualisez-vous en compagnie d’un être cher, à contempler un ciel généreusement étoilé. N’êtes-vous pas pris de vertige par la sensation de profondeur insondable que révèle cette immensité — et en même temps — ne ressentez-vous pas, au plus fort de vous-même une proximité retrouvée devant la justesse de cette beauté.
N’êtes-vous pas ainsi, touché en plein cœur, saisi au plus intime de vous même, par ce quelque chose qui, en un sens, vous « veille » ?

Un seul élan, une seule mesure possible alors : célébrer.

Ouvrir, unir nos foyers l’espace d’un jour, d’un soir pour accueillir cet hôte de l’instant sous la forme de baumes sonores, concerts intimistes, reliances et cercles … ce que nous aurions perdu sur scène, nous le gagnerons en proximité.

Nous ne sommes pas séparés.


Il y a des moments — et ils sont nombreux — où la parole peut encombrer et contraindre : la musique permet parfois alors de raviver l’essentiel — une présence aimante, reliée à sa source… à « la » source.

Et en ce sens, je ne vois pas de plus beau cadeau que de contribuer bien malgré moi à ce que chacun se redécouvre à une présence mutuelle qui est musique.




Que ce soit lors de concerts maisons improvisés à la lueur de quelques bougies, à travers une berceuse comme au chevet d’un être au crépuscule de sa part terrestre, je dédie ma vie au chant de l’âme. Par un élan de gratitude « non-adressé », un merci ouvert qui ruisselle intimement par cœur. Ce qui découle du silence. Ce qui en moi, à travers moi est musique.


En souhaitant, à l’image de cette danse, que la beauté du mystère de cette vie vous garde — bien en son sein.

En toute complicité,

Olivier





Just as the bond that naturally unites mother and child — caring, just caring.
Without words without plans without preparation. The flowering of an effortless song.

The wonder of a self-unfolding harmony.